Vincent Legendre, Président du Groupe Legendre

24 octobre 2016

Chez les Legendre, le BTP est une saga familiale qui remonte au grand-père !

Chez les Legendre, le BTP est une saga familiale qui remonte au grand-père ! C’est lui qui a fondé l’entreprise en 1946 à Amanlis, près de Rennes. Il était maçon. A l’époque, Legendre n’est pas encore un groupe, c’est une toute petite entreprise familiale. Le père de Vincent devient maçon lui aussi et entre dans l’entreprise en 1968. Ensemble, ils se lancent dans la construction de maisons neuves. « Mon père avait une furieuse envie d’entreprendre », raconte aujourd’hui Vincent.

Vincent se souvient aussi qu’à 16 ans, il a su qu’il voulait lui aussi travailler dans le BTP. « J’ai chopé le virus ! ». Adolescent, il multiplie les stages d’été sur les chantiers. « Le bleu de travail, c’était un plaisir absolu, et ça l’est encore !» dit-il sans aucune démagogie et avec une vraie sincérité.

Avec son bac en poche, il réussit brillamment une école d’ingénieurs en génie civil, puis intègre l’entreprise en 2003. Le Groupe Legendre compte alors 350 salariés et un CA de 60 millions d’Euros. Mais pas question de brûler les étapes : « Mon père m’envoie faire mes preuves dans l’agence parisienne du groupe. A l’époque je suis déjà en couple avec ma future femme… On y reste deux ans et on se dit qu’on a fait le tour de la vie parisienne… on a envie de rentrer en Bretagne ! »

C’est le bon timing : son père a besoin de lui au siège pour parfaire sa formation de futur dirigeant de l’entreprise. «On a collaboré et co-construit ensemble » raconte Vincent. En 2010, son père lui confie la direction des opérations du groupe. Il n’a que 31 ans. « J’ai été formé pour diriger l’entreprise mais j’aime le travail sur les chantiers, j’adore le travail physique… Mon grand-père, qui est encore vivant, a 96 ans, et a transmis cet amour du métier aux générations suivantes ! » Vincent assure n’avoir jamais été considéré comme le « fils de » ou comme un « fils à papa », « parce que j’allais sur les chantiers et que les ouvriers ont senti que j’aimais ça… »
Patron atypique, Vincent n’envisage pas aujourd’hui de se rendre sur un chantier sans serrer toutes les mains, avoir un petit mot pour chacun.
« C’est parce que j’aime les gens que je fais ce métier, j’aime l’aspect humain, j’aime les rencontres et elles sont déterminantes dans le choix des dossiers que nous allons traiter », explique Vincent. Et, plus surprenant, il ajoute : « Je n’ai pas vocation à travailler là où il n’y aurait pas de plaisir, tout se fait à la confiance… ».

Donc, si on le suit bien, ce jeune patron de 37 ans, les yeux aussi clairs que déterminés, qui dirige une entreprise regroupant désormais 1600 salariés pour un CA de 470 millions d’euros, choisit ses dossiers… au feeling ! Il confirme : « Bien sûr que notre expertise et notre savoir-faire nous amènent à décider rationnellement mais l’ADN du groupe est de beaucoup se fier à son intuition. Ce qui compte avant tout, c’est la rencontre avec les partenaires… Pour le Greenwich à Val d’Europe, tout est allé très vite, il y a eu ce déclic, cette rencontre humaine qui nous a donné envie d’aller jusqu’au bout. On y est allé sans savoir qui serait l’investisseur. On l’a finalement gardé en investissement, on est propriétaire des murs, on a Euro Disney comme locataire et pour nous c’est formidable… »

Vincent prévient : « Parfois c’est l’inverse, sur un chantier qui paraît commercialement intéressant, on ne s’entend pas entre partenaires, et dans ce cas-là, je recule… Si je ne le sens pas, je laisse tomber… » C’est peut-être ce qui surprend le plus chez Vincent Legendre. Sa capacité, alors qu’il n’a pas 40 ans, à jauger ses partenaires sur un simple rendez-vous, et à déceler immédiatement la pertinence d’un développement potentiel. C’est ce regard qui l’a poussé à investir au Val d’Europe. Il a immédiatement compris ce que serait ce territoire demain.

Une autre preuve ? Il affirme être capable de cloisonner totalement vie professionnelle et vie privée : « Le soir quand je rentre, je débranche complètement ! Et avec ma femme, on parle chiffons, cuisine, école des enfants ! » Bien entendu, ses deux jeunes enfants sont fascinés par les machines, notamment les fameuses grues estampillées « Legendre ».

Pourtant, Vincent n’a jamais projeté sur eux une quelconque succession pour l’avenir : « C’est un fardeau trop lourd à porter par les enfants quand les parents projettent et imaginent que leurs enfants feront le même métier qu’eux… Moi mon père ne m’a jamais mis la pression, je l’ai décidé tout seul, et si mes enfants ne veulent pas travailler dans le BTP, ce sera leur choix ! » Mais déjà, il est 15 h, le taxi l’attend devant la boulangerie Marteau (il la connaît bien car elle est intégrée au bâtiment Greenwich !), homme pressé, Vincent a déjà d’autres rendez-vous.

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