quartier du parc aerien

Focus sur le Quartier du Parc à Val d’Europe

14 février 2018

En raison de sa proximité avec le futur parc urbain de Serris, ce quartier d’environ 40 hectares a une vocation essentiellement résidentielle, tout en se dotant d’équipements de proximité – deux groupes scolaires avec centre de loisirs et crèche, un collège, une maison de services sociaux. Aujourd’hui en cours de développement, il est appelé à s’étendre à l’est en direction d’une future église. Avec une capacité d’accueil de mille places, celle-ci sera la plus importante de Marne-la-Vallée et sera intégrée dans un ensemble ecclésial regroupant un centre paroissial et trois programmes pédagogiques privés, une école, un collège et un lycée.

À ses débuts, le quartier est encore marqué par le néo-classicisme mais rapidement, la présence du parc induit une orientation vers un style anglo-saxon à l’image de celui de certaines cités-jardins. Cette orientation est confirmée en 2006, quand le projet d’extension du quartier par l’agence Arcas Paris propose d’enrichir la thématique en introduisant des typologies britanniques caractéristiques : les crescents, les squares, les mews, les lawns, les closes, les cours anglaises, les mansions, les voies serpentines, les corporate gardens… Ce changement d’orientation mène à un urbanisme privilégiant le concept de privacy : celui-ci influe sur la disposition de l’îlot, qui développe une organisation interne plus complexe, favorisant l’intimité des logements, tandis que le périmètre externe ménage des transparences. C’est un urbanisme qui prend en compte les sauts d’échelle, comme à Londres par exemple, entre les mansions néo-classiques et les mews, anciennes écuries transformées en logements. La centralité de cette partie du quartier du Parc est matérialisée par un crescent structurant un square public.

Logements sociaux cours de la Garonne et jardin andalou

Tous les logements se perçoivent de la même manière, sans discrimination visuelle.
Il s’agit ici d’un programme de logements sociaux répartis dans trois mansions reliées au rez-de-chaussée par des portiques à colonnades et balustres. La situation sur une voie courbe valorise la succession des volumes. Les façades intérieures donnent sur un parc public, le Jardin andalou. Ici, comme partout à Val d’Europe, les logements sociaux sont répartis dans les quartiers – à qualité égale, ils ne peuvent être distingués des autres logements.

Cours du Tage, un paysage urbain très british

Le promoteur, qui souhaitait réaliser un ensemble cohérent de part et d’autre de la rue, a pu disposer de cinq lots. L’architecte, dont l’agence est à Londres, a proposé une composition faite d’une succession de country houses et de mansions similaires, mais dont les détails varient d’une maison à l’autre. L’îlot principal est traité comme un close dont l’entrée est signalée par des pavillons. Afin d’éviter à la rue un effet corridor, l’architecte Demetri Porphyrios, tout en travaillant par symétrie, fait respirer l’espace public par un jeu d’avancées et de retraits associé à des arcades. Devant les maisons sont disposées des grilles évocatrices des cours anglaises.

 

Rue Magellan

Ce projet s’inscrit dans la continuité de celui de Demetri Porphyrios avec une organisation des logements en mansions reliées entre elles par des portiques qui assurent une porosité entre l’espace public et les jardins. L’ensemble comprend trente logements sociaux indiscernables des logements privés. Le projet est traversé du nord au sud par une allée piétonne similaire aux mews londoniennes. L’accès à cette voie se fait par deux arcades qui signalent sa présence.

 

L’îlot Magellan – Cartier – Navarre – Méditerranée

Considérant que la croissance incrémentale de la ville génère de la diversité, les architectes, confrontés à un important projet à réaliser en une seule fois, ont adossé leur démarche à un récit qui simule un développement progressif, qui aurait eu lieu au fil du temps. Pour ce faire, ils ont interprété les intentions du plan directeur du quartier et ont considéré que l’axe principal est-ouest était l’élément principal, associé à un château de style classique du XVIIe ou XVIIIe siècle, aujourd’hui disparu, mais dont certaines de ses annexes auraient subsisté. Dès lors, l’approche depuis l’ouest est liée à l’histoire du château tandis que la partie située à l’est entre en relation avec celle de ses jardins et parterres et comprend également des ouvertures, sorte d’interprétation moderne du saut-de-loup. Par rapport aux autres participants au concours, les architectes lauréats ont choisi de créer une place centrale privée autour de ce qui aurait été la cour du château.

Dans la partie nord-est du site, un édifice autonome célèbre l’architecture d’Andrea Palladio et souligne les origines italiennes de l’architecture anglaise du XVIIIe siècle. Les éléments qui encadrent l’axe majeur sont de plus grande taille et emploient des détails architecturaux plus formels, telles les colonnes, tandis que ceux adjacents à l’axe mineur du projet sont plus modestes avec des loggias ouvertes et galbées donnant sur le jardin. À l’intérieur du site, l’échelle et le caractère de l’architecture changent de nouveau : de simples bâtiments à deux niveaux de style georgien côtoient les vestiges des dépendances du château, comme l’orangerie et des guérites. Ainsi, dans chaque cas, l’architecture est soigneusement choisie pour renforcer le plan directeur et le récit sur lequel il est fondé.

Texte issu du livre Val d’Europe, Vision d’une Ville, de Maurice Culot et Bernard Durand-Rival

 

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