Focus sur le quartier du Val de France

13 avril 2018

Au nord de Magny-le-Hongre, ce quartier est situé sur un thalweg en pente qui marque la fin du plateau et s’ouvre vers la vallée et la rivière du Grand Morin.

Les hôtels

La forme en conque du site a induit la construction d’une digue de retenue des eaux donnant lieu à un bassin intermédiaire. La partie supérieure du site est occupée par des hôtels disposés en éventail et orientés dans le sens de la pente. Les plans des hôtels sont dessinés en forme de U de manière à créer des jardins intérieurs. Les halls ou lobbies ont une double hauteur sous plafond et sont traversants, de manière à offrir dès l’entrée aux clients des quelque 2 200 chambres disponibles des vues sur les jardins intérieurs et sur le grand paysage. Les vastes aires de stationnement plantées d’arbres d’alignement sont adjacentes à la voie qui dessert les hôtels. Les véhicules sont masqués par des haies et des boqueteaux géométriques dans la tradition paysanne locale.

Afin de laisser la vue libre sur le paysage, la limite entre le bassin et les hôtels se fait au moyen de sauts-de-loup ou fossés surplombés par des passerelles qui donnent accès à la boucle des Étangs, un itinéraire pour circulations douces traversant les bois et reliant les différents bassins entre eux. Contrairement aux hôtels Disneyland Paris qui illustrent des grands thèmes de l’histoire américaine, les hôtels du Val de France s’inspirent de constructions locales permettant d’intégrer des programmes hôteliers de 12 000 à 15 000 m2 tout en étant compatibles avec les maisons proches. Les références ont été puisées dans les manoirs, les grandes demeures, les abbayes et leurs dépendances, les commanderies avec leur tour à rayures rouges et blanches, comme celle de Crécy-la-Chapelle, ou encore les fermes et leurs pigeonniers cylindriques, à l’image de celle de Génitoy à Bussy-Saint-Georges.

 

Les logements

L’autre moitié du quartier s’articule autour d’un ancien chemin pastoral, la rue des Labours. Celle-ci dessert, sur environ 1 800 mètres, huit lotissements de tailles diverses, dotés d’équipements publics – crèches, écoles, collèges, résidences sociales. Ces lotissements ont chacun été imaginés autour d’un récit qui les différencie. L’un est organisé autour d’une maison de maître, d’une ferme avec sa cour, son portique d’entrée et son pigeonnier cylindrique. Un autre évoque un village dépendant d’une abbaye avec sa rue principale en pente et ses maisons mitoyennes qui s’accrochent tant bien que mal les unes aux autres, rue qui aboutit d’un côté sur un porche donnant sur la campagne et de l’autre, butte sur une maison classique, caractéristique des maisons de notaires ou de médecins qu’on trouve dans la région. Le plan d’un autre ensemble de maisons et de petits collectifs explore le thème du jardin, entr’aperçu, vécu, imaginé. La ligne de conduite adoptée ici est le souvenir d’une fête donnée par Louis XIV sur le thème des « Plaisirs de l’Île enchantée » du poète L’Arioste, à l’origine d’édifices et de jardins éphémères, les rues et places actuelles reprenant les anciens tracés imaginaires. Raconté ainsi, cela peut paraître relever uniquement d’un collage aléatoire de récits, mais en réalité les plantations, les coloris, les toitures en pente, les matériaux et le traitement général de l’espace public confèrent à l’ensemble une impression d’unité dans la diversité – celle-ci ne résultant pas d’une fantaisie gratuite, mais d’une recherche approfondie de liens avec le territoire.

Seules peut-être les maisons passives de style néo-grec, face au bassin inférieur, semblent être étrangères au site et au style local. Cette exception s’inscrit aussi dans l’histoire de certains lotissements, réalisés par des maîtres d’ouvrage excentriques qui souhaitaient imprimer sur le sol leurs goûts architecturaux personnels. La Ville d’Hiver d’Arcachon a ainsi été largement construite dans un style néo-gothique, tandis que certaines cités-jardins étaient réalisées dans le style anglo-normand, indépendamment de leur localisation. Ce sont des exceptions presque inévitables, sans quoi la règle pourrait devenir tyrannique.

 

Retour vers les actus