Le Quartier des Studios

26 juillet 2017

Le Quartier des Studios

Le quartier, situé le plus à l’ouest du centre urbain, occupe une surface de quelque 25 hectares et forme un quadrilatère d’environ 400 × 450 mètres, divisé en quatre secteurs. Le croisement de ces deux axes traversants, intérieurs au quartier, est signalé par une place octogonale qui fait pendant à la place d’Ariane. Deux autres places majeures occupent le quart sud du quartier, la place du Marché et la place du Centre culturel, tandis que le quart nord-est accueille un parc public. Les trois places publiques sont reliées entre elles par des voies piétonnes relativement étroites afin de bien exprimer l’idée de centralité urbaine.

Cette densité est tempérée par une présence relativement importante d’espaces verts. En effet, comme les autres quartiers de Val d’Europe, celui-ci disposera à terme d’un parc public de trois à quatre hectares, connecté aux quartiers environnant par des liaisons vertes, afin de permettre des connections par des modes de circulation douce.

Un quartier sous le signe de l’Art déco

Le thème architectural retenu est celui de l’Art déco et du modernisme élégant, incarné par les réalisations de Robert Mallet-Stevens, Bruno Elkouken, Michel Roux-Spitz, Pierre Patout, André Lurçat, Georges-Henri Pingusson, Henri Sauvage et d’autres figures françaises de l’architecture de l’entre-deux-guerres. Sa dénomination même renvoie aux ateliers d’artistes qui émaillent les rues de Montmartre et de Montparnasse et sont immédiatement reconnaissables à leurs grandes surfaces vitrées, divisées par des menuiseries métalliques noires.

Une variation sur le thème du plan Cerdà

Vu du ciel, le plan du quartier des Studios fait penser à celui imaginé par l’urbaniste Ildefons Cerdà pour Barcelone en 1860 – même impression générale d’îlots carrés aux angles coupés. En regardant plus attentivement, des différences majeures apparaissent.

Pour l’extension de Barcelone, Cerdà a conçu un damier hippodamien, fait d’îlots carrés de 113 mètres de côté dont il a coupé les angles à 45° pour assurer une plus grande lisibilité des carrefours et amener plus de lumière dans les rues. Deux diagonales atténuent la radicalité du plan, mais la répétition des mêmes îlots fermés et des mêmes gabarits contribue à créer

une impression d’uniformité que la variété des façades n’efface pas complètement. Par ailleurs, les immeubles d’angles ne disposent que de peu d’ouvertures vers les intérieurs d’îlots, le plus souvent emplis d’ateliers artisanaux contribuant certes à la mixité urbaine, mais ne laissant guère de place aux plantations.

Le plan du quartier des Studios, fondé sur ce même concept de plan d’extension sur grille orthogonale déterminant de grands îlots, en jugule les inconvénients en créant des ouvertures, des transparences, des variations d’échelle et des cheminements internes. Les deux principales artères est-ouest accusent une légère courbe qui évite la monotonie des perspectives droites filant vers l’infini. Celles orientées nord-sud sont rectilignes, mais débouchent toutes sur des espaces verts ou des édifices publics.

Urbanisme et Art déco

Produire une ville pittoresque, classique ou haussmannienne suppose des approches urbanistiques différentes en ce qui concerne non seulement la typologie des voies et des perspectives urbaines, mais aussi celles des formes, de la dimension des îlots et de la variété, ou non, des constructions. Au choix de l’Art déco pour le quartier répond un plan ample : il s’agit en effet d’un style caractérisé par sa luminosité, ses façades enduites blanches, ses grands vitrages, ses fenêtres d’angles, ses fentes verticales éclairées par des vitraux, ses terrasses. Les grands immeubles sont situés le long des axes principaux, tandis que les intérieurs d’îlots sont occupés par des maisons, le plus souvent traitées comme des ateliers d’artistes ou des maisons modernistes. Le skyline du quartier est lui-même particulier, avec ses nombreuses terrasses en retrait ornementées de plantes et soulignées par des balustrades de type paquebot.

Extrait du livre « Val d’Europe Vision d’une Ville » – Editions Ante Prima / AAM EDITIONS

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