Focus sur le quartier du Lac

3 juillet 2017

De l’utilisation de la présence de l’eau dans la conception de l’entrée du quartier

Le quartier se situe au nord-est du centre-ville. Il couvre 25 hectares et constitue la première partie visible de Val d’Europe, qui s’offre au regard quand on arrive par le nord et depuis les gares ferroviaires et routières. C’est un quartier à vocation résidentielle qui dispose d’équipements tels la mairie de Serris, un gymnase, une résidence sociale, un stade pour adolescents, une maison de jeunes, une résidence senior. À l’avenir, un ensemble tertiaire sera développé le long des voies du TGV.

La présence de bassins situés à quatre mètres au- dessous du niveau de la ville a conduit les urbanistes à imaginer une entrée de ville qui s’inspire de celle des cités fortifiées de la frontière nord avec leurs profondes douves inondables. La ville neuve se découvre d’un seul coup, reflétée dans les eaux sans qu’on ait eu à traverser préalablement des faubourgs ou des banlieues, un peu à la manière dont on découvre Mantoue en Lombardie, dont sa silhouette se reflète sur les eaux du fleuve Mincio.

Le projet a été conçu comme si seul le tracé des fortifications avait été conservé et que la ville moderne s’était construite à leur emplacement. Ce parti pris explique la géométrie irrégulière du front bâti qui suit un tracé imaginaire attestant le génie militaire de quelque Vauban, fait de lignes droites et brisées. Cette disposition assure une mise en scène contrastée entre la ville moderne cartésienne et la nature toute en courbes.

Deux voies donnent accès au quartier, l’une sépare les deux bassins, l’autre longe le bassin ouest. Lorsqu’elles pénètrent dans la ville, elles se font visuellement plus étroites pour passer entre deux portes urbaines symbolisées par des éléments verticaux, évocateurs des anciennes portes fortifiées.

Venelles et villas

Le quartier du Lac a fait l’objet d’un travail spécifique sur les intérieurs d’îlots. A n de proposer un cadre plus intimiste pour un certain nombre de logements, les urbanistes ont proposé d’expérimenter un grand îlot, composé de trois terrains séparés par des venelles bordées de maisons, à l’image des villas parisiennes desservies par des voies piétonnes intérieures.

Cette disposition permet, tout en gardant les avantages de la copropriété, d’ajouter en cœur d’îlot des ambiances et des échelles plus intimes, de créer un cadre quasi pastoral, sinon empreint de poésie, à proximité de l’animation de la place de Toscane et du centre commercial.

Les accès à l’intérieur de l’îlot sont essentiellement réservés aux circulations douces. Les maisons sont également accessibles depuis les parcs de stationnement communs aux immeubles de chaque copropriété. Les plantations qui ornent les venelles et villas sont choisies en fonction de leur caractère intime et les essences variées, de petite taille et à oraisons abondantes sont privilégiées.

Appréhender la profondeur de la ville

Dans les villes anciennes, les porches qui ouvrent vers des cours nourrissent un sentiment de complexité : on discerne qu’il se passe des choses derrière l’alignement des façades.

Les urbanistes de Val d’Europe ont souhaité recréer autant que possible cette sensation de profondeur et de mystère. Pour ce faire, l’alignement des îlots de grande taille est interrompu par des porches, des arcades ou des grilles qui ouvrent sur des perspectives intérieures, laissant voir tantôt une villa avec ses alignements de maisons, tantôt les ramures des arbres qui accompagnent un hôtel particulier au fond de sa cour d’honneur.

Une architecture appropriée à chaque lieu

Une fois la hiérarchie des espaces publics en place, les hauteurs et les continuités d’alignement fixées, les styles et vocabulaires architecturaux sont arrêtés. Dans le quartier du Lac, il a ainsi été tenu compte de la présence de l’eau et de l’existence de reflets changeant selon le climat et les heures du jour et de la nuit.

C’est pourquoi pour les constructions faisant face aux bassins, le choix s’est porté vers des toitures expressives, pentues, couvertes d’ardoises et de tuiles, un peu à la manière de celles de la place des Vosges à Paris. À l’inverse, les toits du quartier du Parc voisin, avec des pentes plus faibles, sont essentiellement dotés de couvertures en zinc.

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